Modélisation des flux et des processus aux urgences
Le cœur de ma thèse. Un service d’urgences est un réseau de files d’attente couplé à des ressources finies, à des décisions cliniques et à un aval hospitalier saturé. J’y construis des modèles dont l’objet est de pouvoir essayer une réorganisation avant de l’appliquer à de vrais patients : où placer un infirmier, comment ordonner une file, faut-il ouvrir un lit.
Le travail s’organise en quatre temps. Une analyse exploratoire caractérise d’abord le service pour lui-même — qui arrive et quand, quels parcours, quelles durées, comment l’occupation évolue à la minute — et détermine ce qu’un modèle doit représenter. Un modèle compartimental déterministe en donne une lecture agrégée, construite par ajouts successifs de mécanismes, chacun évalué avant d’introduire le suivant. Vient ensuite une simulation à événements discrets, qui suit les patients un par un : l’orientation y est apprise par des modèles de gradient boosting propres à chaque zone, les durées sont estimées sur les séjours observés en faible congestion, et les délais émergent des files, des capacités et des blocages plutôt que d’être donnés en paramètre. Une fois validée, elle sert de laboratoire pour comparer des leviers d’organisation, chaque scénario rejouant les mêmes patients aux mêmes heures d’arrivée. De ce travail est sorti EDSim, un logiciel de modélisation des flux de patients aux urgences, qui sépare le moteur de simulation de la configuration propre à un service.